Mobilisations lycéennes : ni violences, ni impunité, ni récupération politique !

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Les événements qui secouent plusieurs lycées en France, notamment dans l'Oise, doivent nous interpeller collectivement.

Oui, la colère des lycéens est légitime ! Manque d'enseignants, classes surchargées, absences non remplacées, conditions d'enseignement dégradées… Ces jeunes attendent des réponses concrètes, pas des promesses sans lendemain.

Mais manifester est un droit, pas un permis de tout casser ! Incendies, dégradations, agressions contre les policiers, les pompiers ou les personnels de l'Éducation nationale : rien ne peut justifier de tels agissements. Ceux qui se livrent à ces violences doivent en répondre devant la justice.

Le port de l'uniforme ne donne pas le droit de s'affranchir de la loi

Pour autant, porter l'uniforme ne donne pas davantage le droit de s'affranchir de la loi. Les images de jeunes gravement blessés lors d'interventions policières sont particulièrement préoccupantes. L'emploi de la force doit toujours être nécessaire, proportionné et maîtrisé. Face à des adolescents, les forces de l'ordre ont une responsabilité particulière.

Les circonstances de ces blessures doivent être établies avec rigueur et indépendance. Si des violences policières illégitimes sont démontrées, elles devront être condamnées et sanctionnées avec la même fermeté que les violences commises contre les policiers. Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures.

Je dénonce également l'instrumentalisation politique de la jeunesse, notamment par certains responsables de La France insoumise, dont les discours contribuent, selon moi, à attiser les tensions plutôt qu'à rechercher l'apaisement. La colère de ces jeunes mérite mieux que d'être transformée en affrontement politique.

La responsabilité des parents ne doit pas non plus être éludée. Lorsque des manifestations dégénèrent, la vigilance et la protection des mineurs sont essentielles.

Après 36 années passées dans la Police nationale, je connais les difficultés du maintien de l'ordre. Mais cette expérience m'a aussi appris une chose : la légitimité de la force publique repose d'abord sur l'exemplarité de ceux qui l'exercent. Aucune situation de tension ne peut justifier une violence disproportionnée.

Le gouvernement doit entendre les lycéens, les casseurs doivent répondre de leurs actes et les éventuelles fautes policières doivent être sanctionnées.

La violence n'est pas plus acceptable lorsqu'elle vient d'un manifestant que lorsqu'elle vient d'un policier.

L'autorité sans discernement devient de l'abus. La contestation sans limites devient de la violence. Dans les deux cas, c'est la République qui recule.

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